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Film: 1987

par Gilbert Larin 24 Août 2014, 16:07 Films

Film: 1987

À l’instar des American Pie et autres Bring it On de ce monde, le second épisode de la série autofictionnelle de Ricardo Trogi (Québec-Montréal, Horloge Biologique) mise tout sur les tribulations de l’adolescent moyen qui se croit un peu ringard.

Les préoccupations du personnage principal sont simples : perdre sa virginité au plus vite et faire du cash. Une recette toute simple qui a fait ses preuves au box-office mais qui n’a jamais fait gagner d’Oscar à personne.

Le scénario n’a rien de révolutionnaire et c’est pourtant grâce à ce synopsis banal que se déploie tout le talent de Trogi, un expert dans l’art de magnifier le quotidien par l’humour. En ce sens, 1987 ne déçoit pas : les dialogues sont efficaces, le stylisme de Valérie Lévesque rajoute au comique, la trame sonore est kitsch à souhait et les comédiens brillent par leur sens du timing. Le réalisateur (et narrateur) réussit même tout un tour de force en présentant Sainte-Foy comme un lieu trépidant et plein de vie. Même Le Dagobert – célèbre bar de Grande Allée – est dépeint comme un endroit attrayant où les mineurs ne peuvent rentrer. Un exploit en soi vu les récents démêlés avec la justice du propriétaire actuel.

Film: 1987

Il faut absolument écrire que Jean-Carl Boucher brille en tant que faux Ricardo, jonglant entre son rôle de petit ami négligeant, de petit bum et d’enfant avec de la barbe. Reste seulement à espérer qu’un rôle si marquant ne lui empêchera pas d’en obtenir d’autres. Mentionnons, également, l’interprétation tout sauf fade du père joueur d’accordéon (Claudio Colangelo) et de la mère névrosée de Ricardo (Sandrine Bisson) qui campent merveilleusement leurs rôles de personnages secondaires très typés qui ne servent absolument pas de vulgaires faire-valoir.
Outre le sens du punch indéniable de Trogi – tant au niveau du montage serré que des bonnes lignes du texte – on se surprend à aimer le film pour le message qu’il porte. « Vous voulez qu’on décide de notre avenir à 17 ans, mais pas question d’entrer dans un bar avant 18 ans. » Et si le personnage de Ricardo marquait un point ? Et si cette réplique franchement efficace était en fait une critique du système d’éducation québécois qui met de la pression sur les jeunes ? Chose certaine : plus ça change, plus c’est pareil. Et c’est bien ce qu’on réalise au visionnement de ce film qui ne s’adresse pas uniquement aux nostalgiques qui ont gradué de l’école secondaire dans les années 80.

Un excellent film québécois et un must pour remplacer un été qui se fait plutôt moche.

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