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Survivre! Survivre! Michel Tremblay

par Gilbert Larin 5 Décembre 2014, 16:43 Livres

Survivre! Survivre! Michel Tremblay

Huitième tome de la diaspora des Desrosiers. Il est tout aussi savoureux pour les inconditionnels de Tremblay tel que moi.

Dans cette éblouissante chronique de septembre 1935, le « monde » de Michel

Tremblay vit des heures émouvantes, encore et encore et encore. Heures

glorieuses et tragiques avec Ti-Lou et Édouard en duchesse, un duo coloré dont
les échanges pétillants cachent des douleurs indissolubles, même sous le parfum
du gardénia. Heures crépusculaires et sombres avec Victoire et Télesphore au fond
de la ruelle des Fortifications, entre Josaphat et Laura Cadieux, sa fille infortunée
qui veut à tout prix retrouver sa mère, Imelda Beausoleil. Cette chronique de
résiliences, si elle ouvre les tiroirs des vies difficiles et désenchantées du monde
ordinaire, fait voir aussi des existences qui s'accommodent du bonheur qui passe,
toujours trop vite et presque trop tard : Tititte et le docteur Woolf au restaurant
du neuvième étage d'Eaton ; Théo au cinéma avec la belle Fleurette ; Maria
l'impétueuse en voyage à Québec avec Fulgence. Ah ! Maria. se laisser aimer
pourrait-il devenir une façon de survivre à son incurable mal de vivre ? Ah ! Ti-
Lou. que faire de ses cinquante paires de souliers kitsch, maintenant qu'elle n'a
plus qu'une jambe ? Oh ! Édouard. réussira-t-il ou ratera-t-il son entrée au
Paradise, déguisé en femme pour la première fois et aspergé de gardénia ? Ah !
Teena. pourra-t-elle supporter son fils Ernest qui débarque chez elle sans
prévenir ?


Comment survivre ? se demandent tous ces personnages, aux prises avec
les situations inextricables des âges de la vie, le cycle des illusions perdues et des
rêves oubliés. Victoire, dans un aveu terrible, résume ainsi son exaspération et sa
désespérance : « Chus tannée ! M'entends-tu ? Chus tannée ! J'en ai assez ! De
toute ! Pas juste de toé ! De moé, aussi ! Du maudit appartement ! De la maudite
job de concierge ! T'es juste un paresseux, Télesphore ! T'es pas un poète, t'es pas
un rêveur, t'es un sans-coeur ! »

Le monde de Tremblay qui a été celui de ma jeunesse, m'en redonne tous les ans en novembre. Un must pour les inconditionnels, et un excellent roman pour les autres.

Survivre! Survivre! Michel Tremblay

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