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OSM: Symphonie nº 9 de Bruckner selon Valery Gergiev, Maison symphonique de Montréal

par Gilbert Larin 6 Mars 2020, 16:12 Concert

Hier soir je suis allé entendre à la maison symphonique de Montréal,  l'orchestre symphonique de Montréal dirigée par Valery Gergiev interprétée la 9e symphonie d'Anton Bruckner précédée par le concerto pour violon Nº 2 en mi mineur op. 64 de Félix Mendelssohn avec Kristóf Baráti au violon. 

Excellente soirée, deux oeuvres qui se complétaient bien. Le concerto où se mêlait un bon dosage de virtuosité et de musicalité mais quand même d'une profondeur qui préparait bien l'âme à recevoir toute la profondeur, le drame et la trouvent de la symphonie de Bruckner. Que ce soit au début du premier mouvement avec les 8 cors ou durant les tutti du deuxième mouvement on pouvait ait ressentir une torture et toute la tension qui déchirait Bruckner. les deux œuvres en mineur nous plongeaient dans une certaine tristesse de l'âme. Il a fallu s'éveiller de la profondeur de l'œuvre avant d'applaudir l'orchestre. 

 

OSM: Symphonie nº 9 de Bruckner selon Valery Gergiev, Maison symphonique de Montréal

FELIX MENDELSSOHN

Concerto pour violon no 2 en mi mineur, op. 64

Terminer le Concerto pour violon commencé six ans plus tôt, voilà l’une des premières tâches à laquelle s’attaque Mendelssohn au retour de son décevant séjour à Berlin (1842-1844). Il destine sa composition à son ami Ferdinand David, premier violon de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig – formation qu’il avait dirigée avant de se rendre à Berlin – et la termine en septembre 1844. La grâce naturelle de l’œuvre, son raffinement, sa constante fraîcheur et son ambiance agréable contrastent totalement avec les efforts qu’a mis Mendelssohn à la composer. Ferdinand David en est évidemment le soliste au moment de la création, le 13 mars 1845 au Gewandhaus. Mais étonnamment, ce n’est pas Mendelssohn qui dirige, mais plutôt Niels Gade, un compositeur danois devenu directeur musical de l’orchestre pendant le séjour de Mendelssohn à Berlin.

Bien que formé à la manière classique, Mendelssohn possède également un côté romantique qui s’exprime dans la poésie de sa musique et dans les libertés qu’il prend par rapport à la structure formelle. Ici, par exemple, pas d’introduction orchestrale : le soliste énonce presque immédiatement le thème principal. Aussi, les trois mouvements sont reliés, sans pause susceptible d’interrompre le flux de la musique. Rappelons que Beethoven avait auparavant écrit des concertos – son Concerto pour violon et son Concerto pour piano no 5 – dont deux mouvements étaient reliés, mais non pas trois. Par ailleurs, la fin du premier mouvement d’un concerto comporte habituellement une cadence, ce qui freine l’élan de la musique et laisse le champ libre au soliste pour une improvisation virtuose de son cru. Mais ici, Mendelssohn place la cadence beaucoup plus tôt, à la jonction du développement et de la réexposition, et le soliste continue de jouer comme accompagnateur après le retour de l’orchestre. La cadence joue ainsi un rôle dramatique et structurel plus important dans l’organisation du mouvement. De plus, elle est entièrement écrite et n’est donc pas laissée aux élans improvisateurs du soliste.

Le terme « bien élevé », souvent employé pour décrire ce Concerto, n’est nulle part aussi pertinent que dans le paisible ravissement et la beauté poétique du thème principal du deuxième mouvement. Un moment de douce mélancolie en la mineur s’immisce brièvement, avec trompettes et timbales qui ajoutent une touche d’agitation. Le thème principal se répète ensuite en variations et un passage doucement nostalgique, encore en la mineur, mène au finale. Deux brèves fanfares de cors, trompettes et timbales annoncent le dernier mouvement. Comme dans les deux mouvements antérieurs, le soliste est le premier à présenter le thème principal, tout de légèreté et de gaieté. On a souvent comparé le climat de ce mouvement à celui de l’univers féerique d’une œuvre antérieure de Mendelssohn : Le songe d’une nuit d’été.

Extrait du programme de l'OSM

ANTON BRUCKNER
Né à Ansfelden, Autriche, le 4 septembre 1824 – Mort à Vienne le 11 octobre 1896

Bruckner esquisse sa Neuvième Symphonie en 1887, avant même que les dernières corrections eurent été apportées à sa Huitième. Il la délaisse ensuite un moment, pour plutôt revoir des symphonies antérieures. Cette prédilection pour la révision, presque obsessionnelle dans son cas, incite à croire que si elle ne l’avait
pas autant accaparé, il aurait pu terminer sa Neuvième. Il en compose la majeure partie en 1893 et 1894, alors que sa santé décline rapidement, mais il s’accroche fermement à l’idée que Dieu le soutient et lui donne les moyens de terminer une seule autre symphonie. La partition est dédiée « à mon Dieu bien-aimé », les marges du finale sont émaillées de nombreuses supplications au Seigneur, et son médecin traitant le trouve souvent agenouillé, en profonde prière. Plusieurs pages de la Neuvième témoignent de la peur, du désespoir, voire de la véritable terreur que Bruckner ressent pendant ces dernières années. Sur le finale seulement, il aura travaillé avec une détermination héroïque pendant près des deux dernières années de sa vie, et ce, jusqu’au jour de sa mort.

Mais le combat l’écrase. Totalement épuisé physiquement, moralement et spirituellement, il décède l’après-midi du 11 octobre 1896, au retour d’une promenade dans le parc viennois du Belvédère. Ses funérailles ont lieu dans la Karlskirche, voisine de la Grosser Musikvereinssaal, la salle où plusieurs de ses symphonies avaient été exécutées. La création de sa Neuvième, dans une version abrégée, n’a lieu que plus de six ans après sa mort (février 1903), et encore beaucoup plus tard dans sa forme originale (1932).
La Symphonie débute dans un climat de mystère. Huit cors à l’unisson énoncent un triste motif. L’envergure, la richesse et la complexité structurelle de cet immense mouvement d’ouverture sont telles qu’on ne peut vraiment parler de « premier thème », de « deuxième thème », etc., mais plutôt de groupes entiers de thèmes. Le motif d’ouverture du cor n’est en fait que le premier de huit éléments qui constituent le premier groupe seulement. Le début du deuxième groupe est facilement identifié par la mélodie fluide et languissante en la majeur, confiée aux violons. Dans le troisième groupe, le centre tonal revient à un implacable ré mineur.

Le Scherzo alterne entre visions cauchemardesques et légèreté, cette dernière étant particulièrement évidente tout au long du Trio central, comparable à l’univers du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn.

L’Adagio contient certaines des pages les plus tristes et troublées que Bruckner ait jamais écrites, ainsi que certaines des plus résignées et sereines. Sublime grandeur, blocs sonores monumentaux, jaillissements sismiques, lignes mélodiques infiniment réconfortantes, fanfares, chocs harmoniques titanesques et visions d’apocalypse nous font traverser une immense galaxie musicale. À la fin, Bruckner a trouvé la paix, alors que la musique s'estompe avec splendeur, pour toujours, dans l’infini du cosmos.

À partir des esquisses du compositeur, diverses tentatives ont été réalisées pour ajouter un quatrième mouvement à cette symphonie, ce que les curieux peuvent d’ailleurs explorer dans plusieurs versions enregistrées sur disque. Bruckner lui-même, conscient qu’il n’aurait probablement pas le temps de terminer l’œuvre, a même proposé d’utiliser son Te Deum en guise de finale. Toutefois, cette idée est peu pratique puisqu’elle nécessite un chœur et que sa conclusion en do majeur pour une symphonie en ré mineur constitue un illogisme harmonique. Pour la plupart des auditeurs, l’actuelle fin est aussi satisfaisante sur les plans émotionnel et structurel que l’est tout autre « finale » traditionnel. Le musicologue américain Michael Steinberg a exprimé en ces mots ce que nombre de mélomanes ressentent : « Je crois qu’inconsciemment, [Bruckner] s’était réconcilié avec l’idée que la Neuvième se terminerait par son Adagio, dont il a ainsi rendu les dernières pages aussi ‘‘finales’’ que possible, et encore plus que si elles avaient été suivies d’un véritable finale. En effet, compte tenu des problèmes que lui posaient les conclusions, et vu la splendeur des dernières pages de son Adagio, j'irais jusqu'à dire Dieu merci, il n'a pas été en mesure de terminer le quatrième mouvement. »

Extrait du programme de l'OSM

 

Valery Gergiev

Valery Gergiev

Valery Gergiev a étudié au Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg avec Ilya Musin. À l’âge de 23 ans, il remporte le Concours international Herbert von Karajan de Berlin. Il fait ensuite ses débuts au Théâtre Mariinsky en 1978 avec Guerre et Paix de Prokofiev et est engagé comme directeur musical de cette maison en 1988, puis comme directeur artistique et directeur général en 1996.

Grâce à lui, le Théâtre Mariinsky redonne vie aux opéras de Wagner, et sous sa direction, l’Orchestre se donne de nouveaux horizons, faisant sien un répertoire d'opéra et de ballet, mais aussi un large répertoire symphonique.

Sous son impulsion, le Mariinsky devient un complexe théâtral et de concert unique au monde : l’année 2006 voit l’inauguration de la Salle de concert, suivie de celle, en 2013, de la deuxième scène, tandis qu’au
1er janvier 2016 s’ouvre une antenne à Vladivostok (la Scène Primorsky). Ses projets pour le Théâtre Mariinsky incluent la diffusion audiovisuelle, la diffusion en ligne des concerts ainsi que l’installation d’un studio d’enregistrement. En 2009 est créé le label Mariinsky, qui à ce jour, a publié plus de trente disques salués par le public et la critique internationale.

Valery Gergiev mène par ailleurs une riche carrière internationale. Il collabore avec les plus grandes maisons d’opéra, avec le World Orchestra for Peace, les orchestres philharmoniques de Berlin, Paris, Vienne, New York et Los Angeles, les orchestres symphoniques de Chicago, Cleveland, Boston et San Francisco, l’Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam et de nombreux autres ensembles. Il est chef principal du Philharmonique de Rotterdam de 1995 à 2008, et de l'Orchestre symphonique de Londres de 2007 à 2015. Depuis l’automne 2015, il est à la tête des Münchner Philharmoniker.

Valery Gergiev est le fondateur et le directeur de prestigieux festivals comme les Étoiles des nuits blanches à Saint-Pétersbourg depuis 1993 et le Festival de Pâques de Moscou depuis 2002. En 2018, il est nommé directeur musical du Festival de Verbier. Depuis 2011, il dirige le comité d’organisation du Concours international Tchaïkovski. Ses activités dans la sphère publique lui ont attiré les plus hauts honneurs, tels les titres de Héros du travail socialiste et de membre de l’Ordre d’Alexandre Nevski, le prix du ministère de la Défense, des Arts et de la Culture de la fédération de Russie, ainsi que de prestigieuses récompenses d’État attribuées par l’Arménie, la Bulgarie, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, la France et le Japon.

Extrait du programme de l'OSM

Kristóf Baráti

Kristóf Baráti

Kristóf Baráti

Musicien d’une qualité exceptionnelle, doté d’une vaste palette expressive et d’une technique impeccable, le violoniste hongrois Kristóf Baráti poursuit son ascension sur la scène internationale.

En 2014, à l’âge de 35 ans, il se voyait décerner la récompense culturelle la plus prestigieuse en Hongrie, le prix Kossuth, au même titre que l’avaient reçu avant lui les artistes hongrois András Schiff, György Ligeti et Iván Fischer. Acclamé sans réserve pour la poésie et l’éloquence de son jeu, il a été décrit comme « un véritable esthète du son ».
Au cours des dernières saisons, M. Baráti a joué au Hollywood Bowl avec l’Orchestre philharmonique
de Los Angeles, au Royal Festival Hall avec l’Orchestre philharmonique de Londres et, en 2019, il a été présenté comme soliste au concert d’ouverture du Verbier Festival. Il joue régulièrement avec Valery Gergiev et l’Orchestre Mariinsky, tant en Russie que dans des tournées mondiales. La saison 2019-2020
est marquée notamment par ses débuts avec le Hallé Orchestra, le Haydn Orchestra et l’Orchestre symphonique d’État de Moscou à la salle Zariadié.

Récitaliste et chambriste très actif, Baráti s’est produit avec des artistes tels Mischa Maisky, Iouri Bachmet, Enrico Pace, Jean-Efflam Bavouzet, Zoltán Kocsis et Kim Kashkashian. Il joue chaque année aux Nuits blanches de Saint-Pétersbourg et, en 2019, il paraît pour la première fois aux festivals de musique de chambre de Seattle et d’Aspen. En 2019-2020, il réalise une tournée en Amérique du Nord avec des prestations à New York et à Washington, en plus de faire ses débuts au Festival international Cervantino de Mexico.

Après avoir passé une bonne partie de son enfance au Venezuela où il joue en solo avec un grand nombre des principaux orchestres du pays, le violoniste retourne à Budapest pour étudier à l’Académie de musique Franz Liszt. Il aura ensuite pour mentor Eduard Wulfson, qui fut élève de Milstein et de Menuhin. Toujours établi à Budapest, il se produit régulièrement d’un bout à l’autre de la Hongrie et agit, avec István Vardái, comme codirecteur artistique du Festival international de musique de chambre de Kaposvár.
Kristóf Baráti joue sur le Stradivarius « Lady Harmsworth », datant de 1703, qui lui est gracieusement prêté par la Société Stradivarius de Chicago.

Extrait du programme de l'OSM 

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