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MARGUERITE BOURGEOYS : LES AUDACES D'UNE PIONNIÈRE AU XVII ÈME SIÈCLE

par Gilbert Larin 21 Octobre 2020, 20:51 conférence

Cet après-midi, j'ai eu le plaisir d'assister par ZOOM à une des conférences des Belles Soirées de l'université de Montréal, sur la vie et l'œuvre de Marguerite Bourgeoys. Une très intéressante conférence de 2 heures par le professeur et conservateur Stephan Martel**. La conférence était divisée en trois parties: 

1.- de 1620 à 1653: Sa vie en France (Troyes) 

2.- de 1653 à 1700: Sa vie à Ville-Marie

3.- Eglise Notre-Dame de Bonsecours et son ordre. 

L’année 2020 marque le 400e anniversaire de la naissance de Marguerite Bourgeoys, reconnue notamment comme étant la première enseignante de Montréal. Cette femme de foi et d’action a laissé un héritage encore tangible aujourd’hui : une congrégation de sœurs non cloîtrées d’un genre nouveau au XVIIe siècle, encore active aujourd’hui dans le monde, et une chapelle de pèlerinage située au cœur du Vieux-Montréal. Cette conférence mettra en lumière la vie et l’œuvre d’une femme exceptionnelle qui a joué un rôle marquant dans l’histoire Québécoise.

Voici un résumé de sa. vie qui provient du site: racinesvoyages.com

Marguerite Bourgeoys, une personnalité historique de la Nouvelle-France

Née le 17 avril 1620 à Troyes, dans l’Aube, Marguerite Bourgeoys est baptisée le jour même, en l’église Saint-Jean, voisine de la demeure familiale. Sixième des douze enfants d’Abraham Bourgeoys et de Guillemette Garnier, elle grandit dans un milieu chrétien et de bonne bourgeoisie.

Sa vie est un véritable roman :

Le 7 octobre 1640, au cours d’une procession en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, elle est saisie d’une grâce qui la transforme et l’incite à se retirer du monde pour se consacrer au service de Dieu. 

Elle s’inscrit à la Congrégation externe de Troyes, association de jeunes filles pieuses et charitables vouées à l’enseignement aux enfants des quartiers pauvres de la ville. C’est là qu’elle percevra un premier appel à la vie missionnaire en apprenant, en 1642, la fondation de Ville-Marie (Montréal) en Canada par Jeanne Mance et Paul Chomedey de Maisonneuve, tous deux originaires comme elle de la région Champagne.

La rencontre avec le Sieur de Maisonneuve

Elle rencontre en 1652 le Sieur de Maisonneuve, né en 1612 à Neuville sur Vanne, et premier gouverneur de Ville-Marie, en quête d’une institutrice laïque pour instruire gratuitement les enfants français et indiens. La Vierge elle-même lui apparaît et confirme sa vocation: ” Va, je ne t’abandonnerai pas “, lui dit-elle.

Ainsi, Marguerite quitte Troyes en février 1653, dans le dénuement le plus complet. Elle embarque à Saint-Nazaire à bord du Saint-Nicolas avec une centaine d’autres passagers en provenance majoritairement de la Sarthe, suite à une campagne de « grande recrue de colons-soldats » opéré par le Sieur Chomedey de Maisonneuve. 

De nombreux travaux de recherche ont permis de mettre à jour les listes de ces colons sur chaque bateau au départ des différents ports français pour la Nouvelle France. Leur âge, leur profession, et leur gages, versés d’avance, contre un engagement de travail sur place de longue durée.

Après une longue et pénible traversée de l’Atlantique (une épidémie de peste a éclaté sur le bateau ) c’est enfin en 1658 qu’elle ouvre la première école de Ville-Marie dans une étable de pierre que lui a donnée Paul Chomedey de Maisonneuve.

Marguerite BOURGEOYS , une école gratuite pour tous.

À une époque où en France on se demandait si l’instruction était nécessaire aux filles du peuple, Marguerite BOURGEOYS tenait à ce que l’école soit pour tous et gratuite. Marguerite rêve d’un monde plus juste. Elle tisse des liens respectueux avec les Amérindiens, accueille les immigrants, et leur enseigne comment survivre sur le nouveau continent.

Pour Marguerite Bourgeoys, c’était en la fête de Notre-Dame du Rosaire, et dès lors, durant toute sa vie, la Vierge a soutenu intérieurement ses initiatives risquées. Ainsi la première chapelle qu’elle fait construire à Montréal est dédiée à Notre-Dame du Bon Secours, et sa Congrégation le sera à Notre-Dame.

Marguerite Bourgeoys : une pionnière de la promotion de la famille

Pour sainte Marguerite Bourgeoys, on retiendra surtout sa contribution originale à la promotion des familles. Elle se consacre d’abord aux enfants, en tant qu’institutrice laïque.

Vis-à-vis des jeunes filles, qu’elles soient indiennes ou filles de colons, sa volonté est de les préparer à être de bonnes mères de famille, par une éducation complète.

Il s’agit bien sûr de les former à la foi, la vie chrétienne, mais aussi de les initier aux arts domestiques et aux travaux pratiques qui pourront leur permettre de vivre du produit de leur travail et de jeter les bases de familles solides et saines. 

Outre la formation intellectuelle, l’enseignement comporte également des cours de bienséance. Ainsi ces filles deviendront quasi plus lettrées que les garçons, signe précurseur et rare à cette époque d’une authentique promotion féminine. Certaines indiennes deviendront maîtresses d’école.

L’éducation des « filles du Roy »

Marguerite Bourgeoys accompagne également l’éducation des « filles du Roy ». Aux hommes venus en soldats ou en défricheurs sur cette terre du nouveau monde, pour réaliser à Ville-Marie un centre d’évangélisation qui se voulait différent des autres colonisations, il manquait en effet des épouses de valeur. 

Les filles du Roy sont des jeunes femmes souvent choisies par les responsables des hospices et hôpitaux généraux de Paris où elles étaient hébergées – qui se déplaçaient jusqu’en Nouvelle-France au XVIIe siècle pour s’y marier et y fonder un foyer. Le roi de France Louis XIV agissait comme un tuteur (leur père) en payant les frais de leur voyage ainsi qu’une dot lors de leur mariage. 

Elles étaient souvent orphelines et d’origine modeste. Marguerite Bourgeoys accompagne de son savoir-faire éducatif ces filles de France, dans leur rôle d’établir une famille pour coloniser le territoire : une véritable conseillère matrimoniale d’avant-garde !

**Stéphan Martel, historien de profession, est directeur adjoint et responsable de la recherche au Site historique Marguerite-Bourgeoys, dans le Vieux-Montréal. Il a étudié l’histoire de la Réforme catholique entre la France et la Nouvelle-France et se spécialise dans l’histoire des mentalités et des sensibilités religieuses.

 

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